A la mi-janvierles guérilleros s'emparent de la petite caserne de la Plata où ils font main basse sur les armes et les munitions.

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L'article publié le 24 février fait à Castro une publicité décisive. Surévaluant largement le nombre des guérilleros et la qualité de leur armement, il dresse le portrait d'un révolutionnaire social-démocrate et anti-impérialiste, mais nullement antiaméricain. Non sans déconvenues. En marsvoulant prendre rang et place face à Castro, les étudiants du Directoire révolutionnaire attaquent le Palais national à La Havane.

Attendus par les forces armées qui ont eu vent de l'attaque, ils sont décimés et les survivants traqués. En mai, l'Armée rebelle attaque à nouveau avec succès la caserne de la Plata dans l'Oriente et capture quatorze soldats de Batista, qu'elle relâche quelques jours après. Elle est désormais capable de menacer tous les petits postes isolés de la région.

En juillet Castro signe avec les dirigeants du parti orthodoxe le Manifeste de la Sierra qui appelle à la restauration de la Constitution de et à la mise en place d'un gouvernement provisoire.

Le 1er novembre, les différents groupes de l'opposition se réunissent à Miami et signent un pacte appelant à la formation d'une junte de libération qui reprend les objectifs du Manifeste. Fin décembre, Castro dénonce l'accord de Miami et avance le nom d'Urrutia pour être le futur président du gouvernement provisoire. En mars les États-Unis suspendent leurs livraisons d'armes à Cuba. Au même moment, le Mouvement du 26 juillet déclare la grève générale dans tout le pays.

L'armée cubaine lance une contre-offensive un mois plus tard dans la Sierra Maestra mais celle-ci tourne à l'avantage de Castro et démoralise durement les partisans de Batista. Les forces de l'opposition se réunissent une nouvelle fois, en juillet, à Caracas. Elles renouvellent leur appel à la restauration de la Constitution de et acceptent, comme le veut Castro, que le gouvernement provisoire soit présidé par Urrutia.

Dès lors le régime de Batista se délite. L'armée cherche à éviter les combats tandis qu'une partie des troupes de Guevara et Cienfuegos marche vers la province centrale de l'île, Las Villas. Les élections du 8 novembre organisées par Batista sont un fiasco : la fraude et l'abstention sont massives. Les États-Unis tentent de faire pression sur Batista pour qu'il démissionne et laisse la place à un gouvernement intérimaire de façon à barrer la route à la révolution. Trop tard.

Durant les premiers jours de décembre, les colonnes dirigées par Guevara et Cienfuegos prennent le contrôle du centre de l'île.

Assurant ses bases dans l'Oriente, Castro s'empare peu à peu de l'ensemble des villages et des petites villes de la Sierra avant d'encercler Santiago et la zone de Guantanamo où les États-Unis possèdent une base depuis A la mi-décembre, les militaires commencent à se rendre sans combattre.

Le 29 décembreBatista et ses proches s'enfuient. Les dix jours qui séparent la fuite de Batista de l'entrée triomphale de Castro à La Havane sont marqués par la montée en puissance de Castro et de l'Armée rebelle au détriment des autres forces d'opposition. Les conservateurs, appuyés par les États-Unis, portent au pouvoir un militaire fidèle à Batista qui ne rassure personne. Les Havanais craignent des règlements de comptes sanglants et des pillages comme la ville en a connu lors de la chute de Machado en Castro fait alors une déclaration radiophonique où il exhorte les Cubains à ne pas se faire justice eux-mêmes et à déclencher la grève générale.

Arrivé à La Havane dans la nuit du 1er au 2 janvierGuevara s'empare des deux forts militaires de la capitale. Pendant ce temps Cienfuegos prend le contrôle du camp de Columbia, l'ancien quartier général de Batista, où sa petite troupe fraternise avec les milliers de soldats qui s'y trouvent cantonnés.

Au même moment, les militants du Mouvement du 26 juillet occupent les radios et les bâtiments de la police et commencent à patrouiller dans les rues de La Havane. Le 8 janvier enfin, Castro marche sur La Havane porté par le peuple qui se masse sur son trajet pour l'acclamer.

Au camp de Columbia, il prononce un long discours retransmis par la télévision. Se félicitant de l'allégresse populaire qui accompagne la révolution, il lance un premier avertissement aux futurs ennemis qui, dit-il, peuvent bien surgir des rangs mêmes des révolutionnaires.

Que Dieu continue de l'illuminer! Le commandant en chef de l'Armée rebelle n'est pas seulement l'homme fort de la révolution ; il en est littéralement l'incarnation. Ses concurrents dans la lutte pour le pouvoir apparaissent aux Cubains comme d'une autre espèce que la sienne.

Beaucoup se sont discrédités par leurs manoeuvres et leurs compromissions avec Batista tout au long des décennies précédentes. Castro et ses alliés, eux, sont des hommes nouveaux. Même l'échec de la Moncada, le 26 juilletprend une allure de sacrifice. Il fait de lui l'incarnation de la patrie cubaine, humiliée par les États-Unis et bafouée par des politiciens corrompus. Castro est l'homme qui redonne une dignité aux Cubains.

Il s'agit maintenant de mettre en place un dispositif institutionnel. Le pacte de Caracas avait prévu des élections dix-huit mois après la victoire. Jusqu'à cette date, les partis resteraient en sourdine ; un gouvernement provisoire présidé par Urrutia assumerait les pleins pouvoirs et gouvernerait en fonction de la Constitution de Le Mouvement du 26 juillet et l'Armée rebelle seraient les responsables de l'ordre public.

Si les signataires du pacte étaient prêts à accepter Urrutia, certains commencent à voir d'un oeil soupçonneux le rôle que s'arroge de fait Castro. Il reste que ce dernier est devenu le dirigeant de la révolution sans rencontrer d'opposition réelle. C'est lui qui de fait organise le nouveau gouvernement, imposant sa volonté à la fois aux signataires du pacte qu'il ne consulte pas et à certains de ses partisans au sein de l'Armée rebelle qui rechignent à certaines nominations.

Les mesures prises par le gouvernement dans les jours qui suivent l'entrée dans La Havane témoignent de ce nouveau dispositif. Le Congrès élu sous Batista et les cours criminelles sont dissous, les partis politiques interdits.

La prise du pouvoir par Fidel Castro

Tous ceux ayant fait acte de candidature, à quelque fonction que ce soit, lors des élections de ou desont proscrits de la vie politique. Des tribunaux spéciaux sont mis en place pour juger les sbires de Batista impliqués dans les très réelles exactions de la dictature.

Ces tribunaux instruisent de la façon la plus sommaire et font exécuter immédiatement les peines de mort qu'ils prononcent. Ces actions en justice se fondent sur des décrets pris par Castro dans la Sierra Maestra qui ont maintenant force de loi sur tout le territoire.

Ceux-ci priment de fait sur la Constitution dedont la remise en vigueur figurait pourtant en tête du programme de la révolution. La peine de mort a non seulement été rétablie, mais elle a été rendue rétroactive afin de pouvoir punir les complices de Batista! On se tromperait à ne voir là qu'une forfaiture ou un travestissement du programme original de Castro. S'affirme au contraire la légitimité nouvelle d'un egocrate qui n'a pas seulement barre sur la révolution mais la personnifie et en est le seul interprète légitime6.

Les polémiques avec les Nord-Américains qui dénoncent la parodie de justice que sont pour eux ces procès expéditifs sont là encore éclairantes. On a, à bon droit, souligné le manque d'à-propos de ces attaques : pourquoi des élus de la plus grande puissance mondiale, alliée de Cuba, n'ont-ils jamais protesté lorsque Batista et ses hommes foulaient aux pieds la justice?

Cette remarque, si juste soit-elle, ne saurait dispenser de suivre le détail de l'argument et de la rhétorique de Fidel Castro. Il convoque le 22 janvier les Cubains à un gigantesque meeting retransmis par la télévision. La foule y est encore plus considérable que lors de son arrivée à La Havane.

Il commence son discours en proclamant la supériorité de la justice révolutionnaire cubaine sur le tribunal de Nuremberg en Il rappelle aussi que, à la différence des Américains à Hiroshima et Nagasaki, le Mouvement du 26 juillet n'a jamais tué des innocents. Il invite les Cubains à se prononcer par acclamation en faveur de la justice révolutionnaire. Il devient clair que non seulement Castro est l'interprète de la volonté révolutionnaire, mais que lui seul a le pouvoir de convoquer et de faire exister le peuple cubain.

Il est l'ordonnateur d'une nouvelle institution du social. Le peuple et la nation cubains sont comme remodelés par cette symbiose avec leur chef. Le peuple et la société cubains existent par lui. Le 7 février, à l'initiative de Castro, le gouvernement abolit la Constitution de et confie le pouvoir législatif au gouvernement qui légiférera par décrets. Le 16, Fidel Castro devient Premier ministre et remanie le gouvernement. Début mars, le procès des aviateurs de l'armée de Batista, qui avaient bombardé la Sierra Maestra, confirme la nouvelle règle du jeu.

Jugés par un tribunal, les aviateurs ont été acquittés puis relâchés. Le Premier ministre déclare toxine botulique migraine quotidienne, dans un discours retransmis par la télévision, que cette décision de justice a été une erreur et que les aviateurs doivent être rejugés.

Le président de la cour qui a prononcé l'acquittement est retrouvé mort quelques jours plus tard et la justice conclut au suicide. Sitôt la nouvelle cour formée, elle réclame et obtient la peine de mort. Puisque les aviateurs appartenaient à la force aérienne du président Batistace sont des criminels et ils doivent être châtiés.

On se méprendrait à ne voir dans cette transformation de Castro en egocrate qu'un phénomène politique ou idéologique. Le jour suivant, les troupes du Movimiento 26 de Julio, commandées par Camilo Cienfuegos et le Che Guevara, s'emparent sans résistance respectivement du régiment de Campo Columbia et de la forteresse de San Carlos de la Cabaña.

En pénétrant dans le Campo Columbia, Cienfuegos retira son commandement au colonel Barquín et fit prisonnier le général Casillas. Peu après, les hommes du Directoire Révolutionnaire, aux ordres de Faure Chomón, s'emparèrent du Palais présidentiel. Simultanément, ce même 1 er janvier, Fidel Castro entra triomphalement à Santiago de Cuba, la déclarant capitale provisoire de Cuba et proclamant Manuel Urrutia président de la Nation.

Ce gouvernement entra en fonction le 5 janvier [ 6 ]. Le gouvernement des États-Unis reconnut immédiatement le nouveau gouvernement révolutionnaire cubain. À partir de ce moment le pouvoir resta définitivement entre les mains des forces révolutionnaires. Historiquement, le 1 er janvier est considéré comme la date du triomphe de la révolution. Fidel Castro à la tête de la Caravane de la liberté arriva à La Havane le 8 janvier Lui et ses hommes reçurent un accueil jubilatoire de la part des habitants de la ville [ 6 ].

Urrutia avait nommé José Miró Cardona, un avocat, en tant que premier ministre. Bien qu'opposés à Batista, ils étaient conservateurs, et avec d'autres figures du gouvernement comme le Dr. Roberto Agramonte, le ministre d'état, et Eng.

Manuel Ray, le ministre des affaires publiques, ils mirent des obstacles sur la voie des profondes transformations voulues par les forces révolutionnaires [ 6 ].

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Ils firent même obstacle aux mesure décidées durant les premiers jours de janvier comme les tribunaux révolutionnaires pour juger les crimes de guerre [ 6 ]. Fidel Castro a expliqué les aspects de base d'une loi de réforme agraire lors de nombreuses réunions publiques, insistant sur le droit de Cuba de gouverner sans ingérences extérieures, et en soulignant les pas à suivre.

Mais à la fin janvier, le peuple commence à s'inquiéter des lenteurs du gouvernement [ 6 ]. Fidel Castro, qui était resté jusque-là chef de l'armée rebelle, devient premier ministre [ 6 ]. Fidel Castro expliqua lors d'une intervention télévisée que sa démission était causée par l'attitude d'obstruction du président. Le peuple réclama la démission d'Urrutia qui fut remplacé par le Dr.

Du 1 er janvier à la fin deune nouvelle constitution est approuvée, le congrès de la république est démantelé, les partis politiques traditionnels tous complices de Batista se désintègrent, les anciens policiers sont bannis de toute fonction publique officielle pour une période d'au moins 30 ans. Toutes ces mesures avaient été annoncées dès les premiers jours de la guérilla dans la Sierra Maestra et elles furent appliquées avec un appui populaire complet et enthousiaste [ 6 ].

Le gouvernement révolutionnaire avait décidé de punir de façon exemplaire les responsables des meurtres et des crimes commis sous la dictature. Des tribunaux révolutionnaires furent mis en place et des jugements publics furent tenus, avec toutes les garanties pour les coupables. Plusieurs verdicts furent rendus dont plusieurs aboutirent à la peine capitale [ 6 ].

Dans les premiers mois qui suivent la Révolution, les opposants au régime prétendent que plusieurs centaines d'opposants sont exécutés en [ 7 ]plusieurs milliers dans les années [ 8 ]. Plus de partisans de Batista — ou considérés comme tels — auraient été exécutés [ 9 ] dans les premiers temps de la Révolution cubaine et du régime castriste. D'autres opposants sont emprisonnés et la presse est censurée [ 9 ].

Seuls les militaires et policiers sont condamnés à mort, les civils étant conduits devant un autre tribunal [ 12 ]. Une autre demande populaire concernait la corruption politique et administrative. Conduite en janvierune estimation a montré que plus de 2 milliards de pesos 2 milliards de dollars US avaient été dilapidés par le régime de Batista.

Le gouvernement révolutionnaire commença à confisquer tous les biens et propriétés acquises de façon frauduleuse. Le code de défense sociale fut changé pour punir lourdement les détournements de fonds et le ministère pour le recouvrement des biens détournés fut mis sur pied.

Ce ministère prit soin également des biens et possessions abandonnées par ceux qui fuirent le pays. Les secteurs-clés de l'économie, l'énergie et l'industrie sucrière sont nationalisés. En avrille montant total de la richesse récupérée s'élevait à millions de pésos [ 6 ]. La mission militaire américaine, qui avait conseillé l'armée de Batista, a été expulsée [ 6 ]. Fidel Castro va annoncer qu'il identifie son régime avec le communisme étiquette qu'il n'avait pas revendiquée lors de la prise de pouvoir.

Dans les années suivantes, face à l' embargo des États-Unis contre Cubail cherchera un allié économique de taille, l' Union soviétique.

À partir du 13 aoûtpour voyager à l'étranger des restrictions sont mises en place. Pour obtenir un billet d'avion ou de bateau, il faut, au préalable, obtenir une autorisation de la police et une autre de la Banque nationale [ 13 ]. Chris Marker réalisa un film Cuba sifavorable au gouvernement de la Havane. À Paris, la librairie La Joie de lire des éditions Maspero était l'un des hauts lieux du soutien à Fidel Castro [ 9 ].

EnK. Le débat à gauche en France a tourné autour de la question de savoir si le fait d'être sous la pression constante des États-Unis signifiait que la gauche devait soutenir le régime castriste [réf.

Les opposants ont mis en avant le non-respect des droits de l'homme à Cuba, notamment la répression des dissidents et des homosexuels [ 14 ]emprisonnés dans les Unités militaires d'aide à la production bien que la situation des homosexuels à Cuba aient significativement évoluée par la suite [ 15 ].

Les sympathisants du régime ont mis en avant des réformes sociales système de santé, éducation, etc. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Révolution cubaine.