Le Lion s'ennuya bientôt de cette contrainteet reprit son caractère. Il fit venir secrètement plusieurs de ses sujets; à dessein de les tromperil leur demanda s'il sentoit mauvais. Il paraît que cette fable a été déchirée.

Mutila hic omnia et laceraest-il dit dans les notes sur ce fragment, pag. Au reste voici le texte tel qu'il se trouve dans l'édition de Bnrmann; la Yemen regime, 17 Utilius ho mini nihil est quàm rectè loqui; Probanda cunctis est quidem sententia ; Sed ad perniciem solet agi sinceritas. Qunm se ferarnm regem fecisset LéoEt aequitatis vellet famam consequi, A pristinâ deflexit consuetudine, Atque inter illastenui contentus ciboSancta ircorruptâ jura reddebat fide.

Le Lion satisfit ample- ment sa voracité : un grand nombre d'animaux avoient subi le même sort lorsqu'il appela le Singeet lui fit la même question. Celui-ci ré- pondit que le cinnamomel'encens qui brûle en l'honneur des Dieux, exhaloient une odeur moins suave que son haleine. Sa majesté ne put souffrir une louange dont elle étoit honteuse; mais n'osant punir le flatteur sur-le-champ, elle feignit d'être malade, et manda les médecins.

Ceux-ciaprès avoir tâté le poulsdirent au Lion qu'il n'y avoit point de maladie à craindre, qu'une nourriture à laquelle il n'étoit pas accoutumé lui avoit causé un dégoût que l'usage de mets plus délicats feroit cesser. Quum multis faceret hocet Simium vocat Ad serogatque an os haberet putidum?

Hic cinnamomo olere dixit suaviusEt thure flagrant quo Deorum altaria.

Hic illenullam sic caruem desidero Ac Simiinon ante gustatam mihi : Batam sed fallere prohibe t pudor fidem. Quodcunquemedici, facere, rex, libet tibiLicetrespondent, caeteris ut regibus: Et pro dolore fas est nos mori tuoNon vita tantum. Adducitur mox SimiusQui, quanta poenadidicitad regem loqui, Et quàm tacere sit tormentum maximum. L'inimitable La Fontaine a traité le même su- jet; mais combien il Ta embelli!

La vertu et non l'habit rend les homme? Les Chèvres et les IWncs. Pares non habilusséd virtus facit. Hoc argumentant monet ttt sustineas tibi Habitu esse similes qui sunt virfute impares. Espérez dans V adversité, craignez dans lu faveur. XJn homme se plaignoit de son mauvais sort : pour l'en consoler Esope imagina cette fable.

Un vaisseau étoit battu par la tempête ; la crainte de la mort répandoit la consternation parmi l'équipage. Tout-à-coup le temps devint serein, et le vaisseau vogua à pleines voiles. In sccundis Urnein adçersis spera. Qu um de fortunis quidam quereretur soisAesopas finxit consolandi gratiâ. Factas periclo tam Gabernator sophus : Parcè gaadere oportetet sensim queriTotam quia vitam miscet dolor et gaadiam.

Appelés devant Jupiter, ils ne parurent point : Mercure les ayant rencontrésles amena fort troublés. On les chassa, du palais à coups de bâton; mais Jupiter ne voulut point qu'on les renvoyât. Nimia verecundia inçerecundum facit. Profecti snnt Legati non céleri pedeDam naribas scrutantar escam in stercore : Citati non respondent.

Yix tandem invertit Eos Mercurios, et tnrbatos ad trahi t. Tnm verô vultum magni nt videront Jovis, Totam timentes concacârnnt regiam. Propnlsî vero fustibus, rnunt foras: Vetat dimitti magnas illos Joppiter. Mirati sibi Legatos non revertier, Tnrpe aestimantes aliqnid commissnm a saisPost aliqaod terapas alios adscribi jabent. Rnmor Legatos snperîores prodidit : Timentes rursns aliqnid ne simile accidat, 5. Ils partentarriventdemandent audienceet l'obtiennent aussitôt.

Le pere et le maitre des Dieux s'assit sur son trône et agita son tonnerre. Tout frémit. Les députés effrayés laissèrent aller et le parfum et une odeur contraire.

Chacun de- manda vengeance d'un tel outrage. Néanmoins on enferma les envoyés dans un ca- chot d'où ils ne sortiront pat de sitôt.

Abeant, ro gantes aditum, continaô Impétrant. Canes confusi, subito qnôd fuerat fragor, Repentè odorem mixtum cttm merdis cacant. Reclamant omnes vindicandam injnriam.

Non citô dimitti, verùm cruciari famé, Ne ventrem continere non possint snam : I1U antem qui miseront hos tam futiles Nnmqnâm carebunt hominis contnmeliâ.

Mandantnr antronon dimittuntur statim. Ita nunc Legatos expectant et posteri ; NoYum etvenire qui videt, culum olfacit. Sj XVI. Malo qui benefacitpejorem facit. Qui fert malis aaxiliumpost tempos dolet. Gelu rigentem quidam Colubram sustulit, Si au que fovitcontra se ipse misericors ; Namque ut refecta est, uecuit hominem protinus. Hanc alia quum rogaret causam facinorisJlespondit ; Ne quis discat prodesse improbis. V avare est le gardien et non le maître de son or. Avarus auri custosnon dominas.

Quem fructum capis Hoc ex labore? Nallaminqait ille; veruai hoc a sammo mfyi Jove ad tribut um est. Ergo nec samis tibi, Nec ulli donas quidqnam? Sic Fatis placet. Nolo irascaris, libéré si dixero : Diis est iratis natns qui est similis tibi. Abi taras illuc quo priores abierunt, Quid mente csecâ miserum torques spiritum? Ceci s'adresse à toimalhenreux avare! Les envieux ne se déchaînent point encore con- tre cet ouvrage: malgré qu'ils dissimulent leur sentimentje prévois le jugement qu'ils en por- teront.

Ils feront honneur à Esope de ce qu'ils y trouveront d'agréableet ils soutiendront par telle gageure que Ton voudra que ce qu'il leur semblera mauvais est de moi.

Je leur réponds d'avance : Que ces fables soient dignes d'éloges ou de blâme, c'est à la vérité Esope qui les a inventées; mais par un travail assidu je leur ai don- né la perfection. Au reste poursuivons comme nous avons commencé. Inventa perficere non inglorium.

astuce fable:the lost chapter (pc)

Qaem volo refelli jam nunc responso meo: Sive hoc ineptum, sive landandum est oput, Invenit illenostra perfecit manas. On ne peut éter les véritables richesses. XJn savant a toujours en soi un trésor inépui- sable. Sîmoniderenommé par ses versn'étoit paï favorisé de la fortune.

Pour alléger le poids de sa misèreil parcourut les Tilles célèbres de l'Asieet y chantoitmoyennant une rétributionles louanges de ceux qui remportoient les prix dans les jeux. Après s'être enrichi par ce moyen, il voulut se rendre par mer à l'isle de Céeoùdit-on, il étoit né. Le vaisseau sur lequel il s'em- barquadéjà fatigué par de nombreux voyagesfut brisé par une tempête horrible.

Dans ce périlles uns prennent leur argentles autres leurs bi- joux les plus précieux, afin de pouvoir satis- faire les besoins de la vie. Un d'entre les passa- gersplus curieux qu'il ne devoit l'être en cette circonstancedemanda à Simonide s'il ne sauvoit rien de ses richesses. Veras dividas eripit nemo.

Homo doctns in se semper divitias habet. Simonides, qui scripsit egregiummelos, Quô panpertatem snstineret faciliusCircumire ccepit urbes Asûe nobilesMcrcede pactâ laudcra victoram canens. Hoc génère quaestus postquam locnples factus est, Venire in patriam voluit cursu pelagio ; Erat antem natusnt aiunt, in Ceo insulâ Àscendit navemqnam tempestas horridaSimul et vetustasmedio dissolvit mari. Quidam euriosior: Simonide, tu ex opibns nil sumis tnis?

Mecnm, inquit, mea sunt cunc ta. Tnnc panci enat an Quia plures onere degravati periernnt. Forte Clazomene propè 6.

Ces malheureux se retirèrent à Clazomene qui se trouvoit près de là. Quoiqu'il ne l'eût jamais vuil reconnut ce savant à sa manière de s'ex- primeret le reçut chez lui avec distinction ; il lui donna de l'argentdes habitset des esclaves. Ses compagnons d'infortune cherchoient à exciter la compassion en portant par les rues un tableau qui représentoit leur naufrage. Hic litterarum quidam studio dédit as, Simonidis qai saepè versas legeratEratqae absentis admirator roaximas, Sermone ab ipso cognitam capidissimè Ad se recepit; veste, numraisfamiliâ, Hominem exoraavit.

Ceteri tabalam saam Portantrogantes victam : qaos casa obvias Simoaides at vidit,Dixi, inqait, mea Mecum esse cuncta : vos quod rapaistis pérît. L'univers attendoit un grand événement; mais elle donna le jour à une souris. M ows partnribat, gémit os immanes ciens, Eratqne in terris maxima exspectatio : At ille murem peperit.

Hoc scriptum est tibi Qui, magna quum mina ris, extricas nihil. La première je prends ma part des victimes que Ton offre aux dieux ; j'établis ma demeure sur les autels et dans les temples; je me place sur la tête des rois ; je ravis un baiser aux dames les plus chastes; en un mot je ne travaille pointet je jouis de tous les agréments. Toi qui restes toujours dans les champs, conviens que ta vie n'est pas aussi agréable que la mienne.

Il est vrai que tu ne travailles point; mais aussi tu ne trouves rien au besoin. Vera gloria fictam obscur at. Fo r m i c jl et M usca contendebant acriter Qaae plaris esset. Ubi immolaturexta pragusto deiimMoror inter arastempfa perlustro omnia ; In capite régis sedeoquam visum est mihiEt matronaram casta delibo oscilla ; Laboro nihilatque optimis rébus fruor : Qaid horam simile tibi contingit, rasticaP Est gloriosus sanè convictus deàm, Sed illi qai invitatnrnon qui invisas est : Aras fréquentas, nempe abigeris quô venis : Reges commémoras et matronarum osculaSuperba jactas tegere quod débet pudor : Nihil laboras, ideo quum opus est nil habes.

Lorsque le froid t'atteint et te fait mourir, je vis dans l'abon- dance et tranquille dans ma demeure. J'en ai dit assez pour abaisser ta vanité. Satis profccto retadi superbiam. Fabella talis hominum discernit notas ' Eorum qui se falsis ornant landibus, Et quorum virtus exbibet solidum decns. Simonide, dont j'ai parlé précédemment, étoît convenu de prix avec un athlète couronné pour faire des vers à sa louange. Son poème fut agréé; mais on ne lui i que le tiers du prix.

Deum colenti stat sua mer ce s. Si mon ides, idem ille de qno rettuli, Victoris tandem cnidam pyctae nt scriberet Certo condixit pretio : secretnm petit : Exigna quum fraenaret materia impetnmUsns poëtaent raoris estlicentiâAtque interposnit gemina Lcdae sidera, Anctoritatem similis referens gloriae.

Opus adprobavit, sed mercedis tertiam Accepit partem. Frauda tus quamvis et dolens injuria. Dissimulant son dépit d'avoir été trompéet ne voulant point se brouiller avec cet hommeSimonide promet.

Il arrive à l'heure indiquéeet se met à table. Le repas étoit magnifique; les convives faisoient re- tentir la maison de leur joie bruyantequand deux hommes jeunesqui déceloient une origine plus qu'humaine, quoiqu'ils fussent couverts de poussière et de sueurse présententet ordon- nent à un esclave de dire à Simonide de venir leur parler t ajoutant qu'il étoit de son intérêt de ne pas tarder. L'esclave troublé avertit Simo- nide. Celui-ci fut à peine hors de la salle que le plafond tomba, et écrasa les convives sous ses ruines.

Les deux messagers avoient disparu. Quand on sut l'événement, personne ne douta que les dieux n'eussent sauvé la vie au poète qui avoit célébré leur louange. Ne malè dimissam gratiam corrumperet 9 Promisit; rediit hora dicta, recnbait.

Splen débat hilare poculis conviviura, Magno apparatu lasta resonabat domns : Repente duo qaom juvenes, sparsi pulvere Sudore mnlto difflueates corpora, Hamanam supra formamcuidam servulo Mandant ut ad se provocet Simonidem 9 Illius interesse ne faciat moram. Homo perturba tus excitât Simonidem. Unum promôrat vix pedem triclinio, Ruina camara subito oppressif ceteros, Nec ulli juvenes sunt reperti ad januam.

Un secours donné à propos augmente de prix. Il y a encore beaucoup de fables que je pour- rois traiter ; mais je les abandonne à dessein. Je ne veux pas vous détourner des nombreuses affai- res qui vous occupent, et je dois laisser quelque chose à dire à ceux qui voudront courir la même carrière que moiquoique la matière soit si abon- dante qu'elle puisse fournir plus de sujets qu'il n'y aura d'écrivains pour les traiter.

Vous m'avez promis de récompenser ma briève- té, montrez -moi la sincérité de vos paroles, le sens tousjes jours la mort s'approcher de moi: plus vous différerezmoins je profiterai de vos bienfaits ; plutôt vous m'en gratifierezplus long-temps j'en jouirai.

Vous pouvez utilement venir à mon secourstandis qu'il me reste en- core quelques années d'une vie languissante. Vos bontés m'atteindront vainement lorsque, cassé par la vieillesse, la mort viendra m'ordonner de quitter la vie. PO ETA. Multum auxiliatur qui cité.

Supirsunt mihi quae scribamsed parco sciens, Primùm esse ne tibi videar molestior, Distringit qaem mnltarum reram varietas; Dein, si quis eadem forte conari velit, Habere ut possit aliquid operis résidai : Qaamvis materiae ta 11 ta abundet copia, Labori faber ut deait, non fabro labor. Languentis aevi dum sunt aliquae reliquiae, Auxilio locus est : olim senio debilem Frustra a dj avare boni tas nitetur tua. C'est à vous à donner l'exemple : l'on vous imitera; et chacun fera son devoir.

Pronon- cez en cette affaire d'après votre équité, et faites en sorte que j'aie lieu d'être satisfait de votre jugement. Peut-être me demanderez-vous que je les désigne: ils seront connus avec le temps.

Staltum admovere tibi preccs sexcenties, Proclivis ultro qaum sit misericordia. Saepè impetravit veniam confessus reas ; Qaanto innocenti jastiùs débet dari!

Décerne qaod religio, qaod patitar fides, Et gratalari me fac judicio tao. Excedit animas quem proposait terminum ; Sed difficalter continetar spiritus, Integritatis qai sincerse conscias A noxioram premitar insolentiis. Qai sint reqairis; apparebant tempore. D'ailleurs chaque écri- vain a son génie et sa manière de rendre ses pen- sées.

Ce n'est donc point par capricemais après y avoir pensé mûrement, que je reprends la plume. Ainsimon cher Particulonpuisque ce genre te plaitlis le quatrième livre de ces fa- bles que j'ai imitées d'Esope car si cet auteur m'en a indiqué quelques unesj'en ai inventé un Digitized by Google PROLOGUE.

Phèdre à P articulât! QuUm destinassent operis habere terminum In hocut aliis esset materiae satisConsilium tacito corde damna vi meam. Nam si quis talis etiam est titoli artifex, Quo pacto divinabit quidnam omiserim, Utillad ipsam capiam famae tradere, Sua cuique quam sit a ni mi cogitatio, Colorque proprius?

Ergo non levitas mihi, Sed certa ratio, causam scribendi dédit. Si des critiques veulent censurer ce qua- trième livreje le leur permets volontierspourvu qu'ils ne puissent m'imiter.

Le plus bel éloge que tu me donnesainsi que ceux qui te ressemblentc'est de rapporter quelques unes de mes fables dans vos écritset de me croire digne d aller à la postérité. Ces louanges me suffisentcar je ne recherche point les suffrages des igno- rants. Qaartam libellnm dam tu varié perleges, Hanc obtrectare si volet malignitas, Imitari dam non possit, obtrectet licet.

Mibi partn laus est, quôd ta, qaôd similes tai Vestras in cbartas verba transferts mea, Dignnmqoe longa jadicatis memoriâ. In iitteraram ire plausum desidero. J'ai imité en cela certains ouvriers qui imaginent de nou- veaux moyens pour faire valoir leurs ouvrages, soit en gravant le nom- de Praxitelle sur une nou- velle statue, soit en mettant le nom de Myrou sur les'métaux qu'ils façonnent : car l'Envie, qui s'a- cliarne après les modernes, respecte ordinairement ceux qui les ont précédés.

La fable suivante eu donnera un exemple Digitized by. Pins vetastis nam favet Invidia laordaxqaàm bonis praesentibas. Sed jam ad fabellam talis exempli feror. Praxitelle, fameux sculpteur de l'antiquité, vi- voit environ 36o ans avant l'ère vulgaire : il étoit devenu célèbre par deux Vénus, dont une sur-tout étoit considérée comme une production si mer- veilleuseque l'on venoit de fort loin pour la, voir; on dit même qu'un jeune homme en devint Digitized by FABLES DE PHÈDRE.

On rapporte également que Nicomede, roi de Bithynie, offrit aux habitants de Cnide, qui possédoient cette statue, de payer pour eux des sommes considérables qu'ils dévoient s'ils vouloient la lui céder ; mais que les Cnidiens refusèrent ses offres.

Praxitelle avoit fait aussi un Cupidon pour lequel seulement on alloit à Thespie, ville de Bëo- tie, qui par elle-même n'a voit rien qui pût attirer les curieux Myroncélèbre statuaire grec ,'né à Eleuthereflorissoit, d'après le rapport de Pline, vers l'an avant J. Les Athéniens lui accordèrent les droits de citoyen. Parmi ses nombreux ouvrages on remarquoit une génisse d'airain si frappante de vérité que les hommes et les animaux s'y trom- p oient, et une statue appelée le Discobole: c'étoit un homme qui jetoit un-paletet dont le naturel de la pause excitoit l'admiration.

Cependant mal- gré son grand talent cet artistequi avoit su don- ner ht vie aux métaux, mourut pauvre Myron qui penè hominum animas ferarumque are com- prehenderat, non invenit hatredem. Un nom célèbre vaut mieux quun bel extérieur. D ÉMBTUius, surnommé de Phaleres'étoit injustement emparé du pouvoir dans Athènes t chacunselon l'usage et comme à l'envi, faisoit éclater sa joie de cet événement.

Quel bonheur! Ceux même qui vivoient retirés et ne se mêloient point des affaires publiquescraignant que le tyran ne leur fit un crime de leur réserve, vin- rent les derniers lui rendre un humble hommage. Le poètevêtu d'une robe très riche et trèscample, et qui exhaloit au loin l'odeur des parfums dont elle étoit imprégnées'avançoit négligemment.

J ensetrjua et ATejiaiitîve. Ut mos est vulgipassim et certatim ruantFéliciter subclamant. Ipsi principes Illam osculantur, quâ sunt oppressi, manumTacitè gementes tris te m fortunse vicem. Hune ubi tyrannus vidit extremo agmine: Qninam cinaedns ille in conspectu meo Audet venire? Responderunt proximi : Hic est Menander scriptor. Cet exemple nous fait connoitre qu'un écrivain n'acquiert de la célébrité que par son talent seul, et non par sa magnificence.

Tatemqae et se ri p ta meritis tollit honoribns. Exemplumscriptor vertat ad prudentiam. Ingenionon luxaparatar claritas. Démétrins de Phalere vivoit du temps d'Alexan- dre : il a voit été disciple de Théophraste. En Tan 3i5 avant J. Philosophe et homme de lettres, il protégea les savantset gouverna avec équité. Le peuple dans son enthousiasme lui érigea trois cent soixante statues d'airain, Néanmoins il fut chassé d'Athènes : il se retira chez Ptolémée Lagusroi d'Egypted'où il fut ensuite exilé par Ptolémée Philadelphe.

Démétrius mourut vers l'an de notre ère. Cette mesure ayant paru trop sévèreon rouvrit les théâtresà condition que les au- teurs ne se livreroient point à des déclamations qui flattoient la malignité naturelle des Athéniens.

Ménandre a été le modèle le plus excellent des poètes de son temps. Ce poëte mourut âgé de cinquante- deux ans, l'an avant J. Tel est brave par la langue, qui est poltron par V effet. Le roleur étant tué, le poltron accourut l'épée à la main, et jetant bas son manteau.

V entosa lingua t pedes fugaces. Latrone occiso, timidas accarrit cornes, Stringitque gladium ; dein rejectâ pennlâ : Cedoinqnitillnm ; jam cnrabo sentiat Qnos attentant. Tune qni depngnaverat : Vellem istis verbis saltem adjn visses modoConstant ior faissem vera existimans : Nunc conde ferrnmet lingnam pariter fntilemUt possis alios ignorantes fallere.

Ego, qni snm eipertus qnantis fngias viribnsScio qnôd virtnti non sit credendum tnae. Illi adsignari débet haec narratio Qui re secundâ fortis est', dobiâ fugax. On ne doit point pardonner à celui qui fait U he Mouche avoit piqué la tête dépouillée d'un Homme chauve: en voulant l'écraser il se don- na un coup avec la paume de la main.

On pardonne plus aisément à celui qui com- met une faute par hasardqu'à celui qui se rend coupable volontairement : je pense que ce dernier mérite d'être puni. Le Chauve ei la Moticlie. Tnnc illa irridens ; Punctam yolncris parvalae Voluisti morte ulcisci ; qoid faciès tibiInjuriae qui addideris contameliam? Respondit: Mecum facile redeo in gratiam, Quia non fuisse mente m laedendi scio ; Sed tecontempti generis animal improbumQnae delectaris bibere bumannm sanguinem 9 Optem necare vel majore incommodo.

Frappé de la leçon que renferme cette fable, je n'ai jamais voulu d'un profit qui pouvoit m'expo- ser à quelque danger. Mais, dira-t-on, plusieurs se sont enrichis en prenant le bien d'autrui. Comptons, je vous priecombien ont été poursuivis pour leurs rapineset vous verrez que le nombre de ceux qui ont été punis est le plus grand. La cupidité peut-être favorable à quelques uns; mais elle est pernicieuse au plus grand nombre. Féliciter sapit qui alieno periculo sapit.

Quidam immolasset verrem qnnm sancto Hcrcnli. Gui pro sainte votnm debebat suâAsello j assit reliqaias poni hordei : Quas aspernatus ille, sic locutas est: Tnum libenter prorsns adpeterem cibumJïisi qui nutritus illo est jugula tus foret. Hujus respecta fabalac deterritus, Periculosam semper vitavi lacrum. Sed dices : Qai rapuere divitias, habent. Paacis aviditas est boao, multis malo. Jus s hommes sont sujets à 10 tromper lorsqu'ils se laissent prévenir eu faveur de certaines person- nes; et souvent l'évidence les force à se rétracter avec honte.

Certain personnage noble et' riche voulant don- ner des jeux publicsproposa un prix à quicon- que auroit quelque nouveauté à représenter de- vant le peuple.

Parmi les Bouffons qui accouru- rent il y en eut unconnu par ses plaisanteries, qui promit de donner un spectacle que Ton n'avoit point encore vu.

Ce Bouffon parut sur le théâtre, sans appareif et sans autre acteur avec lui. Chacun attendoit en silence. La prévention nuit au jugement. Le Boniionet lePayfaii. Venere artifices laudis ad certamina ; Quos inter Scnrra, notas urbano sale, Habere dixit se genus spectaculi Quod in theatro numquam prolatum foret. Dispersus rumor civitatcm concitat: Paulô antè vaeua turbam déficient loca.

In scena verô p os t quam soins constititSine apparatunullis adjutoribnsSilentium ipsa fecit exspectatio. Ille in sinum repente dimisit caput. Comme il ne s'y trouva rienon le combla d'éloges et d'applaudissements. Un Paysan qui vit cela se mit à jurer que le Bouffon n'en savoit pas tant que lui, et dit au peuple que le lendemain il imiteroit le cochon beaucoup mieux.

On s'assembla en foule. La plu- part prévenus en faveur du Bouffon vinrent moins pour juger que pour siffler le Paysan. Les deux acteurs paroissent : le Bouffon fit son rôle; et le peuple de crier merveille.

Sitôt après le Paysan feignant de cacher un cochon sous sa robe ce qu'il faisoit. Le peuple trouva que le Bouffon avoit bien mieux fait que le Paysanet demanda que ce dernier fat chassé du théâtre.

Hoc vidit fieri Rasticas : Non raehercule Me vincct, inquit; et statim professas est Idem factaram meliàs se postridie. Fit tarba major: jam favor meutes tenet, Et derisuri, non spectaturi, sedent. Uterque prodit : Scurra degrunit prior, Movetqae plaususet clamores suscitât. Tune, simulans sese vestimentis Rusticns Porcellam obtegere quod faciebat scilicet, Sed in priore quia nil compère rant, latentPerTellit aurem vero quem cela ve ratEt cum dolore vocem nature exprimit.

Ad clamât populus Scurram multô similiùs Imita tum, et cogit Rusticum trudi foras. At ille profert ipsum porcellam e sinu ; Turpemque aperto pignore errorem probans, Eu hic déclarât quales sitis judices. Non omnia omnibus congru une. Ostendit ille pradamet adjecit simul : Superum volnntas favit, sed fato invido; Carbonemut aiunt, pro thesauro invenimus.

Qaem spes delusit, liuic querela convenit. Un sot orgueil sert de risée à tout le monde. Lorsqu'un esprit vain, ébloui par une ré- putation imaginairepousse la présomption à l'excès, il devient aussitôt l'objet de la risée pu- blique. On le prend, et on le porte chez lui bien affligé. Le Prince jo-netrr de Fhrte.

VIL niFcips Tisiciir. Stulta superbia ridetur ah omnibus. Ub i vanna animasaura captns frivolâ, Arripuit insolentem sibi fiduciamFacile ad derisum stulta levitas ducitur. Princeps tibicen notior paulo fuit, Operam Bathyllo solitns in scenâ dare. Inter manus sabla tus et multùm gemens Doranm refcrtur. Aliquot menses transeunt Ad sanitatem dum venit curatio. Erat facturas ludos quidam nobiles, Et incipiebat Princeps ingredier: eum a.

Le musicien s'y rendit. Un bruit confus court parmi les spectateurs; les uns disent que Lcprince est mort, d'autres assurent qu'il va paroitre. Les spectateurs applaudissent : le Auteur croit qu'ils lui marquent leur joie de le revoir. Les che- valiersqui avoient d'abord apperçu sa méprisedemandent, pour s'amuserque Ton répète l'air. Notre présomptueux, en témoignage de sa re- augmentation mammaire clinique saint aubin toulousese prosterne devant le public : les chevaliers continuent d'applaudir.

Le peuple croit qu'il démande la couronne scénique; mais dès qu'on connut son erreur, on résolut de le punir d'avoir voulu s'attribuer un hommage qui n'étoit dû qu'à César.

Leprincedont la robe et la chaussure étoient d'une blancheur éclatante, ainsi que les bandelettes qui ceignoient sa jambefut mis dehors la tète la première.

Qui simul advenifrumor de tibicine Frémit in theatro : quidam adfîrmant mortuum, Quidam iu conspectum proditurum sine morâ. Aulaeo missode volutis tonitrubasDii snnt locnti more translatitio. In plausus consurrectum est : jactat basia Tibicen; gratulari fan tore s putat. Equester ordo stultum errorem intelligitMagnoque risu canticum repeti jubet. Itéra tur illud : homo meus se in pulpito Totum prosternit: plaudit inludens eques; Rogare populus hune coronam existimat.

Ut verô enneis notuit ves omnibusPrinceps, ligato crure niveâ fasciâ, Niveisque tunicisniveis etiam oalceis 9 Snperbiens honore divin a? Le temps fuit et ne revient plus. Telle est la figure qu'ont employée les anciens pour nous représenter la rapidité du Tempset nous enseigner qu'on ne doit jamais le laisser échapper. Emblème de loccaiïon. Fugît irreparabile lempus. Effectus impediret ne aegnis moraFinxere antiqui talem efiigiem Temporis.

Gardez-vous d'instruire votre jnaître. Ceci s'applique à quiconque veut reprendre un plus savant que soi. Le Taureau, et le Veau. Ne sus Minervam. Qai doctiorem emendat, sibi dici pntet.

Tout se passe avec Vdge. IL Chien qui avoit long-temps été utile à son maître, en chassant à son gré les bétes les pins agilescommençoit à languir sous le poids des années : on le lâcha un jour contre un sanglier; il le prit par l'oreille; mais, comme ses dents étoient uséesil quitta prise.

Le Chasseur mécontent le gronda. Aliqaando objectas hispidi paguss suis, Ad ripait aarem ; sedcariosis dentibns, Prssdam dimisit. Hic ta m Venator dolens Cane m objnrgabat. Cui latrans contrà senex: Non te destituit animnssed vires meae ; Qnod faimus laadasjam damnas qnod non snmns. Hoc cur, Philetescripserimpnlchrè rides. J 'au mois encore beaucoup de choses à dire; car la variété de ces sujets est inépuisable : nais les jeux de l'esprit doivent être modérés ; sans cela ils déplaisent.

On ne finiroit jamais d'écrire. Le MiL-m inalacle. C'est être misérable que de vivre dans la crainte. Les lierres effrayés parle grand bruit qu'ils en- tendoient dans les forêtsvoulurent un jour met- tre fin à leurs alarmes continuelles: ils allèrent vers un étang qui étoit proche, dans le dessein de s'y précipiter.

Elle eut le malheur ou la maladresse d'exagérer le vrai dans un sujet où la vérité seule pouvoit avoir déjà l'air de la flatterie. Ce tort n'échappa pas à l'aimable enfantquimenant à part la sage gouvernantelui dit : Voilà, je crois, une dame qui veut avoir mon fromage.

Ce trait me semble la meilleure réponse au principal re- proche que J. Rousseau adresse à cette fablequ'il a traitée avec beaucoup de rigueur. Quant aux autres, je pourroiscomme plus haut, chercher à les excuser en répétant que plus de quarante auteurs, avant La Fontaineavoient commis les mêmes fautes. Quelques-uns même ont tehement exagéré la stupidité qu'ils prêtent au corbeauque cet oiseau semble se réjouir des éloges que l'on donne au blanc de son plumage.

L'un d'entre eux cependant, et je crois qu'il est le seulsemble avoir prévu toutes les objections ; car il a activateur m pour maigrir gratuit les défauts que le philosophe de Genève a blâmés dans la composition de cette fable.

Je ne parle pas du style. J'ai placé son récit à la suite de la fable de La Fontaine : il est assez étenduet cependant j'en ai retranché tout ce qui auroit pu lui donner le caractère d'une fable compliquée. On peut y voir que c'est dans sa serre que le corbeau emporte le fromage, qui ne doit pas être bien grospuisqu'un moment auparavant une femme en avoit exposé au soleil plus de mille semblables. Le renard n'est point alléché par l'odeur de et; 1.

Le renard applaudit aux premiers essais de son chant; mais il pique son amour-propre pour l'engager à faire de nouveaux efforts : ce n'est que par degrés et avec beaucoup plus d'adresse qu'il remporte un triomphe plus glorieux, parce qu'il étoit moins facile.

Je ne me suis arrêté à ce morceau que parce qu'il me semble dé- montrer que La Fontaine ne le connoissoit paset que par conséquent il n'avoit pas exploré les sources abondantes de notre vieille littérature. Lessing craignant toujours que l'on se méprît sur le sens moral, a fait encore une fable entièrement différente sur ce même sujet : le fromage étoit empoisonné, et c'est le flatteur qui est puni.

Le vieux poème que nous venons de citer et quelques autres fabulistes nous offrent encore des fables que l'on pourroit rapprocher de celle d'Ésope, quoique fort diffé- rentes : par sa finesse et surtout par ses flatteries, le renard est parvenu à s'emparerici d'une mésange, et ailleurs d'un jeune coq ; les malheureux captifs qu'il emporte ont recours à mie ruse semblable à celle dont ils ont été victimes; ils font si bien que le renarden voulant parlerest forcé de leur ou- vrir la prison dont ils s'envolent rapidement.

Les fabulistes doiventtout en prêtant aux animaux le rai- sonnement et la parole, les faire agir à peu près comme ils le feroient s'ils étoient abandonnés à leur instinct naturel.

Ne se révolteroit-on pas de trouver dans les fables l'épervier pour- suivi par le pigeonet le loup par l'agneau? Il se demande quelque part : Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un point?

C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie. J'en cherche la raison et ne la trouve point. Quand le loup a besoin de défendre sa vieOu d'attaquer celle d'autrui, Wen sait-il pas autant que lui?

Je crois qu'il en sait pluset j'oserois peut-êtreAvec quelque raisoncontredire mon maître. Comment notre illustre fabuliste, non moins bon observateur que bon peintrelui qui souvent combattoit la philosophie de Descartes comme injurieuse à ses amis, n'a-t-il pu trouver de réponse à cette demande, ou plutôt, comment avoit-il pu en faire une si contraire à ce qui se présentoit natu- rellement?

Le loup est le plus robuste des carnivores ordinaires à nos climats : sa voracité, l'étendue de ses be- soins ne lui permettent pas d'avoir toujours recours à son intelligence; sa force lui fait trop mépriser les ruses du renard: celui-ci n'a pas l'ouïe moins bonne que lui, la vue moins perçante, l'odorat moins fin, et il sait suppléer à ce qui lui manque du côté des forces par l'agilité, par la sou- plesse, et surtout par la patience. Le choix d'un terrier, d'un lieu de retraite approprié à ses besoinsindique assez sa supériorité sur le loup sous le rapport de l'intelli- gence, que l'expérience seule et l'âge donnent à ce dernier; et c'est alors seulement quejoignant son instinct exercé à une plus grande force, il pourra se défendre et attaquer avec plus de succès que le renard.

La Fontaine lui-même ne nous a-t-il pas donné, sous le nom de fablesplusieurs morceaux qui pourroient passer pour d'excellentes dissertations d'his- toire naturelle? Ne nous a-t-il pas, en plusieurs endroits, peint les lapins d'une manière aussi exacte qu'aimable? Aussi c. Gaulier donna, en 1un petit ouvrage à l'usage des collègesqu'il intitula : Recueil des fables d'Ésope, de Phèdre et de La Fontaine, qui ont rapport les unes aux autres.

On trouve soixante et une fables d'Ésope, et presque toutes celles que l'on connoît de Phèdre : dans les deux tables qui les pré- cèdent, on trouve l'indication des sujets que La Fontaine a traités, et que l'on suppose qu'il a pris dans l'un et dans l'autre des deux anciens fabulistes. En i8o3, M. J'ai peu profité de ce travail recommandable ; car j'ai botox east auckland ne pas devoir employer une partie de ses indicationset l'autre se trouvoit en ma possession dans les nombreux matériaux qui m'ont engagé à entreprendre mes recherches : je lui dois ce- pendant la connoissance d'une fable dans Apulée, et l'indi- cation des fables de J.

Guillon me paroît avoir peu consulté les manuscrits, et j'en ai fait un fréquent usage. Je n'ai point parlé non plus des imitateurs. J'ai connu un peu tard cet ouvrage; mais les additions de M.

Solvet n'ont pu me servir, parce querecherchant les au- teurs que La Fontaine a consultés, suivant luimon plan étoit tout- à- fait différent; cependant il a fait connoître plusieurs sources qui paroissent avoir été ignorées de M. Les Recherches sur les auteurs dans lesquels La Fontaine a pu trouver les maigrir vite queue de cerise de ses fables, publiées par M. Guillaume enm'ont été beaucoup plus utiles. XXXvij le Promptuarium exemplorumet la Narquoise Justine, quoique je n'aie pas cru devoir citer ce dernier roman.

Dans les manuscrits de M. Je n'ai pas cru devoir en conserver plus d'un tiers. J'ai usé d'une sévérité encore plus grande envers celles que j'avois moi-même rassemblées.

Minceur direct zdf

J'ai quelquefois donné la préférence au traducteur sur l'auteur original. Plutarque, par exemple, se trouvant indiqué par les fables d'Esope de l'édi- tion de M. Coraïje n'ai indiqué que la version d'Amyot ; c'est ce que j'ai fait aussi pour Vincent de Beauvais et la Mer des Histoiresparce que les fables latines que présentent les deux ouvrages latins sont exactement celles de Romulus. Malgré toutes ces réduc- tionson trouvera que le nombre de mes citations s'élève à plus de 3ooo; mais la chose paroîtra moins étonnante, lorsque l'on réfléchira au grand nombre d'auteurs qui me les ont four- nies : il va à près de 3oo.

Deux fois j'ai rapporté des traits historiques qui con- venoient si bien à l'action et à la moralité des fables, que je n'ai pas cru pouvoir les en écarter. C'est, entre autressur la fable de Phèdre dont je viens de parler, que j'ai pensé bien faire en ajoutant le fait rapporté par Valère Maxime, au sujet d'une vieille femme qui prioit pour Denis le tyran. Il se saisit eh effet du comte de Mar et de ses adhérents; et après le succès de la conjuration, il reçut le surnom A' Attache-grelot [Bel- ihe-cat ; mot à mot : la cloche au chat.

Parmi les indications placées à la suite de chaque fable, on trouvera encore celles de quelques auteursVirgileHo- raceetc.

Autant que cela m'a été possible, j'ai joint sur- le-champ les objets de comparaison, afin de faire sentir im- médiatement les ressemblances. Dans cette longue énumération de tant d'auteursj'ai suivi l'ordre chronologique pour chaque langueen mettant en tête les Grecs et les Latinset puis ceux qui ont écrit dans les langues modernes dérivées du latin; ensuite les Allemands, que j'ai fait suivre par les fabulistes en langues tudesqueset enfin j'ai placé sans suite les Orientaux.

XXxix suivis, el; que je ne pourrois exposer à présent qu'à l'aide de trop longs développements. Les premières éditions des fables de La Fontaine, celles faites sous ses yeux, sont ornées de gravures. Je regarde ce luxe comme inutile et comme souvent dangereuxparce qu'il est quelques fables dont les sujets ne peuvent fournir au burin que des images difficiles à rendre, et capables même d'induire en erreur sur le véritable sens de l'apologue.

Il en est qui refusent absolument de se prêter aux arts du dessin. La Fourmi et la Mouchedans leur dispute sur la prééminence, peuvent être placées auprès de quelques brins d'herbeau coin d'un champ de blé ; mais où placer la Cigale et la Fourmi de la première fable?

Car on ne peut y mettre autre chosedans une saison où la cigale cherche en vain Quelque peu pour subsister. Si l'éditeur choisit l'action à représenter, ne généra- t-il pas le talent du dessinateur? Et si ce choix est abandonné à l'ar- tistene cherchera-t-il pas plutôt ce qui pourra faire le plus briller son talent, sans s'embarrasser des rapports avec la fable écrite ; il devroit pourtant s'occuper principalement du texte pour éviter des contre-sens souvent remarquables.

On montroit à une petite fille de La Fontaine la superbe édition des fables de son aïeul, imprimées au Louvre par ordre du Roi. La première figure qui se présente est celle qui accom- pagne la Laitière et le Pot au lait : l'enfant la critique avec une rare sagacitéen se contentant de répéter d'une voix timide : Cotillon simple et souliers plats.

L'artistepour se conformer aux goûts du temps et sans respecter le texteavoit donné à sa villageoise des souliers à hauts talons, comme on en portoit plus particulièrement à la villeet cette faute existe encore dans l'édition dont je viens de parler.

J'ai seulement indiqué les fables imprimées dont les sujets se rapprochent plus ou moins de celles de La Fontaine ; mais j'ai voulu donner entièrement celles qui étoient inédites ; j'ai même pensé que ce seroit la partie la plus intéressante des recherches que je publie.

J'ai conservé avec une exactitude scrupuleuse le texte des manuscritsquoiqu'il fût aisé de voir qu'un grand nombre de fautes venoient de l'impéritie des co- pistes : j'entrerai plus tard dans de plus longs détails sur rimportance de cette publication, qui fera connoître un peu mieux le mérite de notre ancienne littérature, que l'op né- glige trop injustement. L'état de dépérissement dans lequel il est déjà depuis près de deux siècles demandoit qu'il fût arraché à une entière destruction dont le temps le menace chaque jour; nous avons donc cru rendre un véritable service en reprodui- sant, avec toute l'exactitude possible, les quatre-vingt-cinq miniatures qu'il renferme.

On pourroit presque dire que ces gravures sont autant de fac simile ; mais le mérite même de ces dessinsau moment où ils furent faitsétoit une nouvelle recommandation que nous n'avons pas cru devoir négliger.

Ce ne sera pas, nous l'espérons, une chose inutile à l'histoire des beaux-arts ; elle pourra nous mettre en garde contre la prévention qui nous fait quelquefois assigner une date à ces esquissesd'après l'impression que leur aspect produit sur bike rides april 2015. Mon intention, je le répéterai encore, en me livrant aux recherches que je publie à présent, n'a jamais été d'indiquer les sources où notre immortel fabuliste a puisé; je suis biea persuadé que la plupart d'entre elles lui ont été totalement inconnues.

J'ai seulement voulu mettre le lecteur à même de juger des diverses manières dont, avant lui, les mêmes sujets avoient été traités par les différents auteurs qui les employè- rent : j'ai cependant annoncé plus haut que j'exposerois mes conjectures sur les fables qui me paroissent avoir servi de modèles aux siennes.

Le faire à présent me sembleroit diffi- cile et peu convenable. Je me proposeen parlant de chacun des auteurs que j'ai cités, de faire voir le degré de probabi- lité que peuvent avoir mes opinions à cet égardet ce n'est qu'à la suite de ces notices particulières que je les présen- terai réunies. Je devrois commencer par La Fontaine cette autre partie de mes prolégomènes; mais que pourrois-je en dire? On cherchera donc dans les divers écrits dont je viens de parler ce que j'omets ici à dessein.

Je n'entrerai dans aucun détail relativement à sa vie, dont je me bornerai à présenter quelques dates qui nous ser- viront à faire connoîtred'une manière certaineles auteurs que l'on doit regarder commeses prédécesseurs : car plu- sieurs d'entre eux ont été ses contemporains. Fils de Jean de La Fontainemaître des eanx et foretset de Françoise Pidoux, son épouse, il naquit à Château- Thierry le 8 juillet On croit qu'il fit ses premières études à Reims : on sait qu'elles furent loin d'être brillantes : à dix-neuf ans, il entra à l'Oratoire, en sortit peu après, et arriva à sa vingt-deuxième annéesans que rien fît pressentir ses glorieuses destinées.

Ce fut à cet âge, et par conséquent enqu'une ode de Malherbe déclamée devant lui, éveilla son génie. Il fit des vers, et de mauvais vers : un parentM. Pintrellui conseilla de se procurer avant tout une instruction solidepar la lecture souvent renouvelée des classiques grecs et latins. Un ami, M. Il passa ensuite aux auteurs françaiset fit ses délices de Rabelaisde Marot et de d'Urfé.

Bocace et l'Arioste ne lui furent pas moins familiers ; mais ce qui con- trariera un peu les idées reçues, je ne sais pourquoi, assez généralement aujourd'huiPlaton et Plutarque ne formoient pas le moindre ornement de sa bibliothèque : on reconnoît presqu'à chaque instant dans ses ouvrages les beaux préceptes qu'il puisoit dans ces sources fécondes.

Ce fut à trente-trois ans seulement, c'est-à-dire vers 16 54, qu'il publia son premier ouvrage : cette traductionou plutôt cette imitation en vers de Y Eunuque de Térenceeut peu de succès. Cependant cette espèce d'échec ne le découragea pas.

La duchesse de Bouillonexilée à Château-Thierry, voulut le connoître, et elle l'engagea à composer des pièces dans le genre qui la flattoit le plus : on prétend que telle fut l'origine des Contes. Rappelée à Paris, elle y conduisit La Fontaine : un parent de sa femme, nommé Jannart, substitut et favori de M. Personne n'ignore le courage avec lequel La Fontaine prouva sa reconnoissance pour le malheureux ministre après sa dis- 2jrâce : son dévouement dura toute sa vie.

Jannart fut exilé à Limoges, et La Fontaine l'y suivit. Après sa mort, il trouva de généreux protecteurs dans les princes de la maison de Condé. Il étoit et resta toujours lié de la plus tendre amitié avec Racine, qui étoit son parent et presque son compatriote.

Boileau, MolièreChapelle, de Maucroix, etc. Il ne se brouilla qu'avec Furetière, et l'on sait de quel côté fut le tort de la rupture. Il éprouva donc bien vivement ce sentiment délicieux de l'amitié qu'il a chantée avec tant de charmes et de vérité. On trouvera à la fin de cet ouvrage une Notice bibliogra- phique sur les Fables, et nous devons en témoigner toute notre reconnoissance à M.

Barbierà la bienveillance duquel nous la devons : je crois devoir en extraire ici ce qui me paroît nécessaire pour faire connoître l'ordre dans lequel les fables de La Fontaine furent publiées sous les yeux de l'auteur. Fables choisies, mises en vers par M; de La Fontaine. Ce sont les fables des six premiers livres. Fables nouvelles et autres poésies de M. Paris, X67 1 j in-i2.

Ce recueil contient huit fables qpii ont été depuis replacées dans les livres suivants. Pariset ; 2 vol. Cette édition offre la réimpression des six premiers livres et la publication des cinq livres suivants. La seconde partie est dédiée à madame de Montespan. Fables choisiesmises en vers par M. Cette dernière partie contient les vingt-trois premières fables du livre XII de notre éditionpuis les quatre contes : Philêmon et Baucis, les Filles de Minéela Matrone d'Éphèse et Belphégor.

On trouve ensuite la fable du Juge arbitre y de l'Hospitalier et du Solitaire. Dans les notices sur les auteurs Grecs, Latins, Français, etc.

De même, après avoir parlé du Roman du Renard, je m'occuperai immédiatement de plusieurs poëmes postérieurs qui, sous des noms à peu près semblables, peuvent être regardés comme des imitations ou des parodies de ce premier monument de notre ancienne poésie. Les apologues que nous lisons dans les livres saints prouvent que ce genre de littérature étoit cultivé en Asieavant d'être connu des Occidentaux ; je devrois donc parler d'abord des fabulistes de l'Orient ; maisquoique réellement plus anciensils sont pourtant beaucoup plus nouveaux pour nouset c'est ce qui me détermine à rejeter leur histoire à la suite de celle des mythologues européens.

Ce poëte né dans la Béotieà Ascra, vivoit, suivant les marbres de Paros, l'an avant J. Il seroit, d'après ce témoignage, antérieur à Homère : cependant le plus grand nombre des critiques le regardent comme le contemporain de ce prince des poètes.

Ce n'est pas, comme nous ve- nons de le voir tout-à-l'heure, parce qu'il employa le premier ce genre d'instructionqu'on le place à la tête des fabulistes ; mais on lui donne ce rang parce qu'il perfectionna la fable, et parce qu'il multiplia ses petits drames au point d'en former un cours presque complet de morale.

Sa gravité et son érudition repoussent également cette imputa- tion injurieuse. Cette prétendue Vie d'Esope cependant, traduite d'abord en latin par Ranuntius, d'Arezzoou Remicius, passa bientôt dans tous les idiomes de l'Europe : elle figura en tête de toutes les éditions et de toutes les versions de ses fables. La Fon- taine lui-même la mit à la tête de son recueil. Avec toutes ses absurdités, cette Vie cC Esope égaya notre enfance comme elle avoit amusé le Bon Homme, qui, con- servant toute sa vie les goûts de cet âge heureuxdevoit participer à ses plaisirs plus long -temps que les autres hommes.

Cependant la triste raison ne nous permet plus d'ad- mettre comme vrais ces contesdont une partie figure avec plus de bienséance dans les Mille et une Nuitssous le titre du sage Hicar.

Les Grecs, naturellement amis du merveilleux, pressés de toutes parts, pendant les derniers'isièeles de leur empire, par les Orientaux mahométans, souvent mêlés avec eux, doivent avoir acquis, dans ces fréquentes communications, ud nou- veau goût pour les récits extraordinaires : ils auront sans doute reporté dans leur langue leurs propres histoires déna- turées par ces fiers conquérants.

Les Arabes, en effet, soumis par les Romains, sans de grands efforts, à un joug d'autant moins insupportable qu'ils étoient les maîtres de l'alléger autant qu'ils le vouloientétoient un peuple nomaded'une ignorance extrême; ils ne connoissoient que par des tradi- tions orales l'histoire de leurs ancêtres : celle des peuples voir- sins et du peuple-roi lui-même leur étoit encore bien moins connue. L'histoire des anciens peuples civilisés n'est pas plus respectée par lui : en plaçant dans le koran les bases de son système historiqueil ne laisse plus de place au doute, et les faits comme les dogmes exigent une croyance aveugle sur laquelle le glaive ne permet pas d'hé- siter.

Voilà ce qu'en rapporte Zamchascer, célèbre interprète du koran. Lockman etoit fils d'un neveu de Job et descendoit d'Azar, père d'Abraham. On veut qu'il ait vécu mille ans et qu'il ait atteint le règne de Davidauquel il communiqua ou duquel il reçut le don de la sagesse : suivant les uns, il étoit juriscon- sulte, on dit m. Quelques orientalistesen comparant les racines des deux noms de Lochman et à' Ésopecrurent que ces deux personnages étoient un seul être identiqueet, ayant à choisir entre eux, ils donnèrent, comme de raison, la préférence au fabuliste arabe.

Cependant Mahomet est le premier qui fasse mention de Lockman : mais je pense que, pour soutenir l'opinion dont nous venons de parleril faudroit une autorité un peu moins suspecte; car c'est à l'an de l'ère chrétienne, c'est-à- dire iioo ans après la mort d'Ésope, que l'on place la nais- sance de cet homme extraordinaire, qui voulut étouffer dans leur berceau les deux seules religions qui, avant lui, pro- fessassjent le dogme de l'unité de Dieu.

Quelques autres personnes, étonnées de trouver parmi les fables d'Ésope des apologues qui ne peuvent être de lui, l'ont regardé comme un être de raison auquel on étoit convenu d'attribuer toutes les fables grecques ; mais cette opinion ne peut subsister à côté du témoignage unanime des anciens au- teurs grecs et latins.

Aristophaneentre autresqui écrivoit un siècle environ après lui, se seroit-il permis de le citer tant de fois dans des comédies faites pour le peuple d'Athènes? Wauroit-il pas craint de ne pas être entendu, si le nom etles fables du Phrygien n'avoient pas été généralement connus? Socrate en mit quelques-unes en vers; Aristote nous en a laissé plusieurs autres dans ses livres, et les orateurs de la Grèce les citoient fréquemment dans leurs harangues.

Il paroît cependant qu'elles ne furent réunies en corps d'ouvrage que par les soins de Démétrius de Phalère : on peut croire, comme nous le dirons dans la suite, que ce fut peu après Démé- trius que Babrius ou Babrias les mit en vers coriambiques. En parlant de ce dernier, dont malheureusement les fables sont perdues, nous verrons que les fables grecques que nous 1.

Basilicas traita de nou- veau. Ce futsuivant Aristotele poète Stesichore qui em- ploya cet apologue pour détourner les habitants d'Himère, sa patrie, de donner une garde à Phalaris qu'ils avoient déjà choisi pour leur chef : l'histoire nous présente, il est vrai, plusieurs poètes de ce nomet tous Siciliens ; mais Phalaris s'empara du pouvoir vers l'an avant J. Dans son apologuele Pouvoir des FablesLa Fontaine attribue à Démosthène ce qui appartient au rhéteur Demades : on connoît trois rhéteurs de ce nom, et tous trois ont vécu long-temps après Ésope.

Ij des siennes, et plusieurs auteurs ont dû chercher à donner plus d'autorité à leurs récits en les lui attribuant. Ce fut seulement dans la dernière moitié du quatorzième siècle que les fables d'Ésope reparurent en occidentet dans le suivant, le nouvel art de l'imprimerie leur donna une existence plus durable; ce fut alors aussi que parurent de nombreuses traductions latines de ces apologues. Nous re- viendrons plus tard sur ces traducteurs et sur les fables qui portoient en Europe le nom du Phrygien, quoiqu'elles lui fussent presque totalement étrangères.

EnM. Il regarde les premières comme écrites avant Planudes et dans un style populaire : il paroît n'avoir pas remarqué que plusieurs d'entre elles, et au nombre de vingt-cinqétoient en vers. Le docteur Coraï nous a donné depuis la collection la plus complète des Fables d'Ésope : c'est à cette édition que j'ai eu recours pour mes indications ; et comme on y trouve réunies toutes celles que l'on publie ordinairement sous les noms de Synlipas, de Plutarque, etc.

Je n'ai pas non plus indiqué celles de Syntipas, prétendu philosophe persan, parce qu'on les trouve dans l'Ésope du savant Coraï. Le nombre des auteurs grecs dont j'aurois eu à parler est ainsi extrêmement réduitet je ne dirai qu'un mot sur la d. On a quelques fragments de ce lyrique, qui vivoit 5 40 ans avant J. Ce propos ayant été rapporté aux magistratsils firent arrêter ces hommesqui furent condamnés au dernier supplice lors qu'ils eurent confessé leur crime.

Fils de Tityre ou de Charmusberger de Sicile. Il intro- duisit la comédie à Syracuseoù il fit représenter des pièces que Plante imita pâr la suite : on prétend qu'il est l'inventeur des deux lettres 0 et X de l'alphabet grec : les marbres de Paros le font vivre sous Hiéron, l'an avant J. Ce célèbre médecin est trop connu pour qu'il me soit né- cessaire d'en parler longuement : je n'en dirai que ce qui a quelque rapport avec l'objet de ces anti ride yeux maison. Les habi- tants d'Abdère persuadés par les rires continuels de Démo- crite, qu'il étoit devenu fou, appelèrent à son secours le divin Hippocrate ; ces deux grands hommes s'entretinrent quelque temps ensemble, et le prince de la médecine, enchanté du savoir et du génie de son prétendu malade, déclara atteints d'une véritable folie ceux-là même qui l'accusoient de dé- mence.

On trouve quelques apologues dans les ouvrages de ce prince des historiens. On croit qu'Hérodote naquit à Halicarnassel'an av. Il cite fréquemment les apologues d'Ésope.

Une des fables du Phry- gien, V Aigle et l'Escarbotsemble même lui avoir fourni la première idée de sa pièce intitulée la Paix. Diogène Laërce lui attribue une épigramme insérée dans V Anthologieet qui présente en deux vers le sujet de la fable i85 de La Fontaine, le Trésor et les deux Hommes.

On trouve encore quelques fables dans ses ouvrages, et l'aven- ture de Thalès se laissant tomber dans un puits en voulant contempler les astres. Il naquit à Athènes, ans av. Il vivoit à Syracuse ans avant J. Cousinqui lui-même avoit abrégé l'idylle grecque dans la traduction latine qu'il en a donnée. Né à Prenesteil enseignolt à Rome la rhétorique, sous le règne d'Alexandre Sévère, vers l'an de l'ère chrétienne.

On ne connoît aujourd'hui de ces deux poètes que quelques épigrammes insérées dans V Anthologie grecque. Apollonius, qui vivoit sous Auguste, cite les fables de Babriusquipar conséquentest antérieur au règne de cet empereur. Coraïd'après l'élégance de son stylele regarde comme contemporain de Bionet ce dernier poëte écrivoit deux siècles environ avant l'ère chrétienne. Suivant Suidas, il avoit mis en vers coriambiques les fables d'Ésope et il en avoit composé dix livres; Avianus, dans l'épître dédicatoire de ses fables à Théodosedit que Babrius resserra en deux volumes les fables d'Ésope qu'il mit en vers iambiques.

Iv dans un style qui sans doute est à eux. Suidas rapporte un grand nombre de vers de ce poëte. Dans son excellente dissertation sur Babrius, Thomas Tyrwitt me semble prouver, d'une manière incontestable, que la plus grande partie des fables que nous avons en prose sont celles de l'auteur dont nous parlonsmais que des barbarespour les rendre plus claires, à ce qu'ils croyoient, défigurèrent en rompant la mesure des vers, et en substituant, à ceux qu'ils retranchoient, une prose digne des temps où ils écrivoient.

Mais on y retrouve les membres épars du poëtepuisque la plupart d'entre elleset surtout dans les anciens manuscritstre rn regimento interno 18 des fragments de versdes vers entiers et même des fables entières de Babrius.

Nous verrons plus bas que ce fut aussi le sort de Phèdreet que tous deux furent oubliés pour les compositions ridicules de ceux qui les avoient tra- vestis. Ignace le diacre ou le maîtrequi vivoit au neuvième siècle, s'avisa de faire un abrégé des fables de Babrius : il les renferma en quatre vers chacunecomme depuisBense- rade appela Fables les quatrains ridicules qu'il nous a laissés.

Cependant les tétrastiques d'Ignace prirent la place et même le nom des fables qu'ils vouloient abréger. L'helléniste anglais conjecture avec raison, ce me semble, qu'un copiste, en mettant un r à la place d'un Ba donné ainsi naissance à ce Gabrias que l'on a long-temps confondu avec le Phèdre des Grecs.

Il croit aussi que l'on retrouveroit encore beaucoup de vers de l'ancien auteursi l'on examinoit plus attentive- ment les manuscrits des quatrains, qui existent en grand nombre dans les diverses bibliothèques de l'Europe. Coraï les a insérés dans son édition des fables d'Ésope; mais j'ai pensé que plu- sieurs personnes seroient bien aises de retrouver sur-le-champ les sources mêmeset c'est ce que j'ai fait encore pour plu- sieurs autres auteurs. Né à Agyriumen Sicilevivoit sous César et sous Auguste.

J'ai cité de lui le Lion amoureuxfable 6i de La Fon- taine. Ce célèbre historien des Hébreux naquit sous Caligulal'an 87 de l'ère chrétienne; il étoit d'une illustre famille, et joua un grand rôle dans l'histoire du peuple dont il nous a fait connoître les antiquités.

Devenu citoyen romainil vécut à Rome dans la faveur des Césars. Il met dans la bouche de l'empereur Tibère la fable du Renard et du Hérisson. Né à Chéronée, sous l'empire de Claude, 5o ans environ après J. Ce philosophe vécut à Rome sous Trajan, après avoir voyagé en Grèce et en Égypte : sur la fin de sa vieil retourna dans son pays où il mourut, sous le règne d'Antonin, vers l'anà ce que l'on croit. Ses traités moraux et ses biographies nous offrent un grand nombre de Fables Ésopiques que M.

Coraï a insérées botox para cabello fino ses fables grecques : je n'ai cité que la traduction de notre Amyot. Cet historien grec, d'une des plus illustres familles d'A- lexandrie, vécut sous Trajan, Adrien et Antonin, vers l'an de J.

La fable de la Besace, que rapporte cet illustre médecin, dans son traité sur la connaissance des défauts de notre esprit. Ivij est aussi racontée par Théniistius, Orat. Il naquit à Pergamel'an 1 3 1 de l'ère chrétiennevint à Rome enet mourut dans le lieu de sa naissance, vers l'an Né à Laërte en Cilicie, on croit qu'il vécut sous Antoninde i38 à ; ou sous Alexandre Sévère, de à de l'ère chrétienne.

De Tonnage tax regime netherlands en Syrie, d'abord sculpteur, avocat, rhéteur, puis philosophe épicurienil vécut regime perdre 3 kilos en 4 jours Trajan, et mourut, dit-on, sous Marc-Aurèleâgé de quatre-vingt-dix ans, vers la fin du second siècle de l'ère chrétienne.

J'ai citéentre autresson traité de la Calomnieoù l'on trouve un trait de la vie d'Alexandrequi m'a paru convenir assez bien à la fable i56 de La Fontaine : les Obsèques de la Lionne.

Rhéteur d'Antioche, will drinking water reduce cellulite le second siècle de l'ère chré- tienne. Ses fables sont des espèces d'amplifications dont celles d'Ésope ont fourni les thèmes.

On lui donne le nom de Sophistequoique l'on dût, à plus juste titre, le placer parmi les rhéteurs. Nous n'avons que trois fables de lui : elles paroissent avoir été écrites dans les mêmes vues que celles d'Aphtonius. On croit inventeur des lettres slavonnes, cet apôtre des Gazaresdes Bulgaresdes Moraves et des Bohémiens.

Il étoit né à Thessalonique et vivoit encore à la fin du neuvième siècle, puisque Jean YIII lui écrivit, et que ce pape occupa le siège pontifical depuis jusqu'à Je n'ai pu con- sulter qu'une édition latine de ses apologues moraux. On croit qu'il vivoit au dixième ou au douzième siècle. Comme je l'ai ditson lexique renferme de fréquentes cita- tions de vers empruntés à Babrius. Historien grec du onzième siècle : ses annales vont depuis le commencement du monde jusqu'à la mort d'Alexis Com- nène.

En racontant la création des animaux, il rapporte les traditions fabuleuses que l'on trouve dans nos vieux Bestiaires et Volucraires : ce qu'il y dit du renard, qui fait le mort pour attraper les oiseauxa été rapporté par M. Guillon à la fable 60 de La Fontaine, le Chat et le vieux Rat. De la nature du Gourpil. Assetz oï avez fabler Comment renars soloit embler. Si felenessement les baise, Quant en sa gueule sont enclos, Que tout dévore char et os. La fable attribuée à Tibère par Joseph se trouve aussi dans l'histoire de cet empereuret nous la retrouvons encore dans les deux historiens suivants.

Vivoit au douzième siècle, sous Emmanuel Comnène. On croit qu'il vivoit encore l'an i35o. Il avoit écrit vingt- trois livres de l'Histoire ecclésiastiquedepuis la nativité de Jésus-Christ jusqu'à l'empire de Léon le philosophe, qui monta sur le trône l'an : il ne nous en reste que dix-neuf, qui vont jusqu'à Phocas, et les sommaires des cinq que nous avons perdus.

Il fut professeur de rhétorique à Byzance, sous le règne d'Alexis Comnène. Il eut de grandes disputes à soutenir sur l'incarnationet ces discussions troublèrent le repos de sa vie. Ses fables, au nombre de cinq, ont été publiées et traduites par Léon Allatius, d'après un manuscrit donné à la Biblio- thèque du Roi par les frères Dupuy.

Ce poète ne m'a présenté qu'un petit nombre de vers qui conviennent si bien à la fable 82l'Alouette et ses petits avec le Maître d'un champqu'Aulu-Gelleen nous transmettant cet apologue d'Ésope, les a employés pour la moralité. Je n'ai cité que peu de vers de cet illustre comiquené à Sarsine, dans l'Ombrie : on croit qu'il mourut peu après Ennius, l'an ou avant J. On dit qu'après avoir été ruiné par le commerceil fut réduit à tourner la meule chez un boulanger, tandis qu'il écrivoit ses comédies.

Saint Jérôme, dans la chronique d'Eusèbe, dit que ce fut par charité qu'il embrassa le fatigant métier auquel, suivant l'opinion com- munela misère l'avoit réduit.

Il nous reste dix-neuf pièces de lui. Varron en avoit publié vingt et une qu'il avoit cor- rigées et qui portèrent son nom. On en fait monter le nombre à trente et une ou quaranteet du temps d'Aulu-Gelleon en soin du visage ile de france 2014 cent quarante qui portoient le nom de Plante. Il naquit à Carthage, l'an avant Jésus-Christ. Terentius Lucanus, sénateur romain dont il fut esclave, touché de son esprit, l'affranchit de bonne heure.

Il fut lié avec Scipion Émilienavec Lseliusfils de l'ami du premier Africain : on leur attribua une grande part dans ses ouvrageset il se dé- fendit foiblement de leur coopérationdans le prologue des Adelphes. A trente-cinq ansil avoit déjà publié les six comé- dies qui nous restent de lui : il partit alors pour la Grèce et ne revint plus à Rome ; les auteurs ne sont pas d'accord sur le genre de sa mort; les uns croient qu'il périt pendant la tra- versée ; d'autres supposent qu'il mourut dans une ville de la Grècedu chagrin que lui fit éprouver la perte des manuscrits qui contenoient la traduction de cent comédies de Ménandre qu'il avoit mises en latinet celles qu'il avoit déjà disposées QUI ONT PRÉCÉDÉ LA FONTAINE.

Ixj pour la scène. Sa fille, mariée depuis à un chevalier romainn'eut pour héritage qu'une maison de campagne avec deux arpents de terre près de la voie Appienne. On croit que ce dw perdre du poids naturellement satirique, né ans avant J. C, mourut à Naplesà quarante-six ans : chevalier romainon lui donne pour patrie Suesse, ville de la Campanie. Juvénal le nomme le nourrisson d'Aurence, ville du Latium. On le nomme l'inventeur de la satireparce qu'il donna à ce poème sa dernière forme.

Des xxx livres de satires qu'il pu- blia, il ne nous reste que des fragments : comme Horace le fit depuis, il avoit sans doute inséré quelques fables dans ces satires : au moins trouve-t-on dans ses fragments un vers qui semble appartenir à la fable du Renard et du Lion devenu vieux : Deductat hanc 'voce leo : cur tu ipsa 'venire Noji "VIS hiic Né à Rome l'an 96 avant J. Il se tua à quarante-quatre ansdans un accès de frénésie occasionée par un filtre amou- reux qui lui fut donné par sa propre femme.

La Fontaine, dans ses fablesa imité quelques vers du poëme de Naturâ rerum. Né à Arpinum dans le pays des Yolsques1 o5 ans avant J. C'est à cet orateur que Phèdre et La Fontaine ont du le trait historique qu'ils ont donné sous le titre de Simonide préservé par les Dieux.

Cicéron mourut 42 ans avant Jésus-Christ, assassiné par les ordres des triumvirs. La Fontaine a souvent fait passer avec bonheur dans notre langue des vers de ce grand poëtené à Mantoue, 69 ans avant J.

Néd'un père affranchi, 65 ans avant J. C'est presque le premier des poëtes anciens qui ait été lu dans l'Occident après les siècles de barbarie. Souvent cité par les théologiens des on- zième, douzième et treizième siècles, la lecture de ses ouvrages leur inspira tant d'admirationon pourroit dire tant d'amitié pour luiqu'ils essayèrent d'en faire un chrétien et même un prophète. Il servit alors de modèle aux poëtes latins de ce tempsqui n'écrivirent plus qu'en vers élégiaques.

Le poème de Feiulâ, qui renferme ses prétendues prophétiesest bien évidemment apocrypheainsi que tout ce que l'on raconte de la découverte de son tombeau. Ses ouvrages furent traduits en vers et en prose dès les premiers temps de la langue romance. Tite-Live naquit à Padoue, 60 ans avant J. C, et mourut la même année qu'Ovide, âgé de 76 ans environ. Ixîij pas entiers, des cent quarante-deux qu'il avoit écrits sur l'Histoire romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'à la mort de Drususfrère de Tibère.

On croit qu'il vivoit sous Tibère ; mais, d'après le peu d'élé- gance de son style, quelques critiques pensent que nous n'avons dé ses écrits que l'abrégé qui en avoit été fait par Julius Paris. Simon Hesdin en avoit commencé une version françaiseterminée en i4oi par Nicolas de Gonesse. C'est à la tra- duction du premier que j'emprunterai le récit du fait que je n'ai qu'indiqué à la suite de la fable 24les Grenouilles qui demandent un Roi. Valère le Grant1.

Et quant il le sceutil fut tout esmerveillé pour- quoy elle prioit pour luy combien qu'il ne l'eust desservy a elle ne a autre : si la manda et luy demanda pourquoy et a quoy il avoit desservy. Et quant il fut occisil en vint encore u,ng autre pire. Et Denis n'en fist que rire : car il eût eu vergongne de punyr si courtoise hardiesse. Pithou, qui venoit de les découvrir dans un manuscrit appartenant à son frère. Augostoboni TricassiumJ. Oudoti5q6in-li. On explique ce singulier oublien disant que Phèdrené dans la Thrace, ne pouvoit être considéré comme Romainet l'on paroît se contenter de cette explication.

Avianus Theodosio. Ulrumne chartisetc. IxV prologue du quatrième livre. Il survécut à Séjan, mort l'an 3 1 de 1 ère chrétienne. Dans ses derniers livresil se plaint des incommodités de la vieillesse ; mais on ne sait, positivement ni l'époque de sa naissanceni l'année de sa mort. Lorsqu'enfin P. Pithou, né à Troyes en i, étolt appelé le Farron français : ce généreux citoyenqui réunissoitla plus vaste érudition à une mâle éloquencene servit pas moins Henri IV par ses écrits sérieux que par ceux où il ré- pandit une adroite raillerie.

On peut le regarder comme le principal auteur de la satire Ménippée ; la harangue burlesque du sieur d'Aubray aux prétendus Etats de Parisn'est pas indignepar la suite et la force des raisonnementsdes éloquents discours du procureur- général près de la première cour du royaume.

Les fables nombreuses que l'on trouve dans ce précieux monu- ment historique semblent indiquer la découverte qu'il venoit de faire. Grosley a publié sa vie en François Pithou, ué cinq ans après son illustre frèrelui communiquadit-onle manuscrit qui conteuoit les fables de Phèdre.

Les savants reprochèrent à l'archevêque de Man- fredonia cette méprise, qu'ils voulurent faire regarder comme une tentative de plagiat.

Nicolas Perottoné à Sasso-Ferratod'une famille illustre et de parents très-pauvres, alla demeurer à Rome, où il gagna l'amitié du cardinal Bessariou et s'acquit Testime des souverains pontifes.

Il devint, en i, archevêque de Manfredonia Sipontumet mourut en Il a laissé un grand nombre d'ouvrages : ce sont des versions latines d'auteurs grecset des dissertations grammaticales sur divers classiques latins. Ixvîj Me. Perottocomme nous le voyonsconnoissoit Phèdre : il seproposoit de corriger les fables défectueuses qu'il avoit en sa possession; mais son manuscrit demeura tellement ignoréqueTorq. Perotto, évêque d'Amelia, qui voulut rassembler tous les ouvrages de son parentparoît n'en avoir pas soupçonné l'existence.

Un jeune Belge, PhiL d'Orville, le découvrit dans la bibliothèque de Parme, vers ; il fit part de sa découverte à P. Burmann, et lui proposa de lui en envoyer des copies ; mais le professeur de Leyden parut faire peu de cas de ce qu'il avoit reçuquoiqu'il insérât quelques va- riantes et une courte notice de ce manuscrit à la fin de sa belle édition de Phèdre, en Il fut enfin reconnu par le bibliothécaire, M.

Andrès, et fut publié en par M. Cassitto, et peu après par M. Adry, dans X Examen des nouvelles Fables de Phèdre qu'il publia enet il ajoute : Non nosirum inter vos tantas componere lites. Une question plus importante et qui partage encore tous les amis des lettresest celle de savoir si ces fables sont véri- tablement de l'auteur auquel on attribue les anciennes ; mais auparavant de dire un mot sur l'objet de cette discussion, I Dans cette querelle entre M.

Janelli et M. Cassitoune chose me semble digne de remarque : le premier reproche à l'autre de n'avoir publié les Fables de Perotto que d'une façon fort imparfaite ; et il en apporte pour preuve le peu de temps que M. Cassito a pu employer pour consulter le manuscrit que lui, M. Janelli, a fait lier d'une chaîne assujétie par un cadenas. Il faut noter que M. Janelli est attaché à la bibliothèque de Naples. La chose doit nous étonner, nous autres Français, qui trouvons tant de facilités auprès de nos Bibliothécaires, toujours prêts à nous guider dans les recherches qae nous avons à faire : les Étrangers doivent surtout reconnoître l'extrême différence qu'ils trouvent dans les établissements publics en France et en Italie.

Elles sont placées sans ordrede manière à offrir une pièce de Perotto après une fable de Phèdreou avant une d'Avienus; les vers sont souvent tronqués comme dans les cinq du pro- logue général, que nous présente aussi celui du livre ni des premières éditions.

Nunc fahularum. Perotto, fab. Le troisième vers de la fable 9. Janelli ne présente que ce peu de lettres : T et S. Janelli, et je les ferai suivre par la phrase de Romulus qui y a rap- port : Perottofab. Romulus, f. En admettant donc la supposition de M. Adry, nous pour- rions réduire à seize, le nombre des fables inédites que l'on attribue à Phèdre. Cependant nous verrons, dans une autre Ikx essai sur les fabulistes notice, que ce sont peut-être les huit que je retranche ici qui auroient le plus de droit à être rangées parmi celles de l'ancien fabuliste.

La première est celle qui nous présente le sujet de la Matrone d'Éphèse : MM. JaneUi et Cassito ont été fort embarrassés en trouvant dans Phèdre ce conte si connu : le premier a tâché de faire naître Pétrone plus tôt ; le second lui a enlevé la fameuse satire qu'on lui attribue, et l'a donnée à Caïus Rufuscontemporain et ami de Martial : quoi qu'il en soitcette fable fait aussi partie du recueil de Romuluset elle est une des huit que nous venons d'indiquer ; mais elle diffère des sept autres en ce que l'on n'y trouve aucune de ces ressemblances que nous avons fait voir tout à l'heure.

Son fabliau appelé le vair Palefroi 'est un petit poème de près de qua- torze cents vers. Je crois devoir en donner une idée. On excusera, je l'espère, ce récit que je me vois forcé de res- serrer extrêmement : le poëme se trouve, d'ailleurs, dans les Fabliaux de Barhazanque M. Méon a reproduits avec de telles additions, qu'il a fait de ce recueil un ouvrage tout nouveau.

Dans la Champagne, vers le milieu du treizième siècle, vivoit un jeune chevalierbeaubien faitbrave et adroit sur tous ceux de ce pays.

Peu favorisé par la fortune, il ne possédoit qu'un superbe cour- sier et une petite terre d'un modique revenu : car Plus de deux cents livres d'argean Ne valoit sa terre par an.

Ixxj Il savoît, il est vrai, corriger un peu les rigueurs du sort par sa vail- lance et sa dextérité dans les tournois : car alors s'étoit établi l'usage d'exiger une rançon des chevaliers que l'on avoit abattus dans ces jeux militaireset chacun d'eux se regardoit comme prisonnier de son vain- queur, tant qu'il n'avoit pas acquitté cette espèce de dette. On étoit au printempset le hasard, ou peut-être l'amour, le conduisît au pied d'un château magnifique.

Une jeune dame se promenoit sur les terrasses. C'étoit la fille unique du châtelainprince fort riche : Mil livres valoit bien sa terre Chacun an : et souvent requerre Lui venoit-on sa fille gente : Car a tout le monde atalente La grand' beauté qu'en elle estoit.

Sire Guillaume la vit, l'admira et l'aima. De son côté, la jeune châte- laine ne l'avoit pas vu sans émotion. Le vieil oncle consent à tout et ne diffère que d'un jour l'accomplissement de ses promesses ; mais la vue de l'aimable personne qui doit devenir sa nièce lui fait oublier son rôle d'ambassadeur.

C'est pour lui, et non pour son neveu, qu'il de- rnaude et obtient cette main si chérie. L'infortunée victime de tant de déloyautémontée sur le vair palefrois'abandonne à ses tristes réflexions. Comme le chemin est devenu assez étroit pour ne suffire qu'à un chevalon avance lente- ment : la jeune dame est la dernièreet n'est suivie que du vieux che- valier qui devoit lui servir d'escorte ; mais il s'est endormi : dans un endroit où le chemin se bifurquele coursier de sire Guillaume prend le sentier qui conduit au manoir de son maître, et y transporte sou précieux fardeau.

Les deux amants ne peuvent revenir de leur surprise : ils passent de la douleur la plus profonde à la joie la plus viveet l'aumônier de sire Guillaume ne tarde pas à les unir de liens indisso- lubles. Il est plus facile de concevoir que de dépeindre la confusion et le trouble qui régnèrent parmi les anciens compagnons d'armeslorsqu'ar- rivés à l'égliseils ne trouvèrent plus l'épousée.

Je n'ai pas besoin de dire que l'oncle déloyal ne tarda pas à terminer ses jourset que sa mort -enrichit les deux amants.

Il m'a suffi d'indiquer l'extrême ressemblance de ce conte avec la fable ancienne. A quelle autre source auroit-il pu puiser le fonds de son petit poëme?

J'ai fait bien des recherches, j'ai parcouru bien des recueils de contes et de fableset je n'ai rencontré cette même action que dans les deux auteurs que je viens de citer ; mais la fable latine est-elle véritablement de Phèdre?

Les critiques se sont partagés sur le manuscrit de Perotto : les uns ont regardé comme appartenant à ce fabuliste tous les apologues en vers ïambiques qu'il renferme ; les autres n'ont voulu admettre parmi les siens que ceux que nous connoissions déjà par la creme anti rides uber bruxelles de P.

Pithou : M. Phèdredit-ilne s'est pas sans doute volé lui-même. Mais ne trouve- t-on pas des vers entiers des Georglques transportés dans VÉnéide? Voyez à la suite de la fable xxii de La Fon- taine. La ressemblanced'ail- leursque l'on peut apercevoir entre les vers cités par M.

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Adry, ne me paroît pas assez considérable pour faire penser que les uns soient la copie des autres : et elle me semble assez marquée pour faire reconnoître le même auteur dans les deux fables. Je me suis peut-être trop arrêté sur cette moderne décou- verte; cependant je reviendrai encore à ce sujet, en parlantcomme je l'ai ditdes fables en prose qui portèrent si long- tenjps le nom à' Esope.

Nous ne devons pas nous arrêter aux événements trop connus de sa vie. J'ai cité les vers de Mécène qu'il nous a conservésainsi que plusieurs autres des tragédies qui existent sous son nom, et que l'on attribue à son père. Tout le monde sait quepar l'ordre de Nérondont il avoit gouverné l'en- fanceil se fit ouvrir les veines l'an 65 après J. J'ai cité quelques vers de ce satiriquené à Volaterre en Toscane, l'an 34 après J. C, et mort à 28 ou 32 ans. On sait que l'on trouve le conte de la Matrone d'Ephèse dans son Satyricon, ouvrage qu'il envoya à Néron lorsque celui-ci l'eut condamné à mortl'an 65 de l'ère chrétienne.

JanelU a consacré à des recherches sur l'époque oii vivoit cet écrivain la plus grande partie de l'un des vo- lumes qu'il a publiés sur les fables de Phèdre, anciennes el; nouvelles.

IxXV C. Une observation sur les rats des Alpes ou marmottes me paroît être l'origine du trait qui a fait donner à une fable, ou plutôt à une dissertation philo- sophique de La Fontaine, le titre des deux Ratsdu Renard et de VOEuf.

Par un passage de cet historien, livre x, on reconnoît qu'il vivoit sous les premiers empereurs romains; mais, par l'astre nouveau dont il parle, vouloit-il désigner Auguste ou Trajan? Cet habile rhéteur appelle les Espagnols ses compatriotes : cependantcomme il dit avoir fréquenté les écoles de Rome dans sa jeunesseon croit qu'il étoit né en Italieet que ce fut le séjour qu'il fit en Espagne, avec Galba, qui lui fit donner aux peuples de ces pays ce nom d'amitié qui a pu tromper sur le lieu de sa naissance.

C'est Fan 98 de l'ère chrétienne qu'il acheva ses Institutions de V Art oratoiredans lesquelles nous avons retrouvé l'anecdote sur Simonidesque Cicéron avoit déjà rapportée : il paroît qu'il mourut dans un âge très- avancé.

Ce poète, né à Catalajud [Bilbilis en Espagne, vint à Rome à l'âge de vingt ans. Notre poète a d'ailleurs imité quelques-uns de ses vers. Suivant Dodwel, ce fougueux satirique fut, quoique octo- génaire, exilé l'an de J. Quelques-uns de ses vers ont été imités par La Fontaine. On croit que ce grammairien vivoit vers le milieu du second siècle de l'ère chrétienne. Dans son ouvrage intitulé Poljhistoron trouve encore l'anecdote de Simonide préservé par les dieux.

Dans les Nuits attiques d'Aulu-Gellerecueil qu'il avoit composé pour ses enfantsde tout ce qu'il avoit appris de plus beau par ses lectureson trouve plusieurs fables, entre autres celle que La Fontaine a intitulée : V Alouette et ses petits et le Maître d'un champ.

Ce grammairien vivoit, à ce que l'on croit, sous le règne des Antonins. On reproche à cet abréviateur de l'Histoire universelle de Trog. Pompeius, de nous avoir, par son abrégé, fait perdre l'ouvrage de l'ancien auteur, qui vivoit sous Tibèreet dont Pline fait souvent l'éloge.

Justin a dédié son ouvrage à An- tonin-le-Pieux : il vivoit, par conséquent, au commencement du second siècle de l'ère chrétienne. Ce rhéteur, né en Afrique, vivoit sous l'empire de Sep- time Sévère dont il étoit aimévers la fin du second siècle de l'ère chrétienne. On trouve quelques fables dans celui de ses ouvrages qu'il a intitulé Florida.

Ixxvij beaucoup d'amitié pour lui : le dernier de ces empereurs lui confia l'éducation de son fils Gratien : celui-ci devenu empe- reur, promut au consulat son ancien maître. On dit qu'il vécut jusqu'à quatre-vingt-dix ans; mais Petr.